Interview de Docteur Kamdem - Femme enceinte et maladies du foie Spécial

Docteur Kamdem

« Prévenir vaut mieux que guérir »

Docteur Kamdem, gastroentérologue à l’hôpital Laquintinie donne des éclaircissements sur ces différentes maladies pendant la grossesse, conseille et propose des traitements pour préserver le fœtus et soigner sa mère.

Lpf : Quels sont, de manière générale, les maladies du foie ?

De manière générale, on distingue plusieurs maladies liées au foie: les inflammations du foie appelées hépatites dues aux virus, aux bactéries, aux médicaments, à l’alcool ou, consécutive à une maladie générale. On distingue aussi des tumeurs qui peuvent être bénignes ou malignes et des malformations qui sont en général congénitales.

Les hépatites virales et les tumeurs malignes sont les plus communes et les plus graves mais je dois préciser qu’il existe plusieurs types d’hépatites (A, B, C, D, E, F). Mais ce sont les hépatites B et C qui sont les plus graves. Lorsqu’elles évoluent vers la chronicité, elles peuvent entrainer des complications telles que la cirrhose et le cancer primitif du foie. Les hépatites alcooliques sont également dangereuses parce qu’elles entrainent des complications.

Lpf : Quelle relation fait-on entre ces maladies et la femme enceinte ?

Ces affections peuvent être constatées chez la femme enceinte. Néanmoins, il existe des affections hépatiques liées à la grossesse. Quelques maladies du foie qui sont spécifiques à la grossesse.

v  L’hypertension gravidarum : ce sont des vomissements incoercibles chez la femme enceinte avec une perturbation des enzymes du foie.

v  La stéatose aigue gravidique encore appelée l’atrophie jaune du foie : elle se manifeste par une hépatite grave avec ictère, nausées vomissements et parfois un syndrome hémorragique.

v  La cholestase intra hépatique de la grossesse : elle entraine un ictère vers le deuxième ou troisième trimestre de la grossesse et des prurits.

Lpf : peuvent-elles provoquer un avortement ? Quelles sont les conséquences sur le fœtus et sur l’enfant né d’une maman atteinte d’une de ces maladies? Peut-il naître sain ?

Certaines maladies du foie comme la stéatose aigue gravidique provoque des avortements, parfois la mort du fœtus ou de la mère en fonction de la gravité. Mais d’autres maladies du foie comme les hépatites virales n’ont pas d’impacts sur l’évolution de la grossesse lorsqu’il s’agit des formes communes. Le bébé peut naitre sain dans certain cas d’hépatite comme l’hépatite virale C.

Lpf : Peut-on aussi constater des cas d’anomalies physiques ou mentales chez les bébés d’une mère atteinte ?

Non sauf en cas de maladies congénitales où les examens peuvent montrer une malformation. Les autres maladies n’entrainent pas des anomalies physiques ou mentales.

Lpf : De manière générale, quels sont les signes qui montrent qu’une personne est atteinte de cette maladie ?

Les maladies du foie vont se manifester de différentes façons, selon qu’elles sont aigues ou chroniques. Par exemple, les hépatites virales aigues vont se manifester comme un état grippal avec fièvre, courbature, douleurs abdominales avec ou non un trouble du transit, manque d’appétit, la fatigue et parfois les yeux et la peau jaune (ictère). Les formes chroniques sont moins parlantes. On constate surtout la fatigue et les douleurs articulaires. Mais les anomalies vont se déclarer sur les examens de laboratoires et sur l’échographie

Lpf : Une femme enceinte suivie à l’hôpital Laquintinie subit-elle automatiquement des examens pour détecter ces maladies ?

A l’hôpital Laquintinie, les femmes enceintes sont dépistées pour les hépatites B qui est le virus qui se transmet de la mère à l’enfant.

Lpf : En cas de maladie, comment prend-t-on en charge l’enfant et la mère à l’hôpital Laquintinie ?

Pour les femmes déjà malades, les mesures préventives consistent à vacciner les bébés dès la naissance lorsqu’il s’agit de l’hépatite B qui est contagieuse. La prise en charge dépend du type de maladie. S’il s’agit d’une hépatite C par exemple, on attend l’accouchement et le sevrage du bébé avant de proposer un traitement car celui-ci est contre indiqué pendant la grossesse et pendant l’allaitement.

Lpf : Quelles sont les disponibilités de l’hôpital Laquintinie pour lutter contre ces maladies ?

Pour les maladies du foie qui posent un problème de santé publique comme les hépatites virales C et B, l’hôpital mène la lutte au quotidien à travers :

  • La sensibilisation faite par les gastroentérologues auprès du personnel et du public.
  • Le dépistage organisé au sein de l’hôpital.
  • La vaccination faite aux personnes à risque au centre de vaccination de l’hôpital pour l’hépatite B.

Pendant la célébration de la journée mondiale de lutte contre les hépatites virales le 28 juillet, l’hôpital Laquintinie organise des conférences débats pour davantage sensibiliser les populations. Actuellement nous comptons au sein de l’hôpital 4 spécialistes hépato gastroentérologues.

Lpf : Peut-on définitivement guérir de ces maladies ?

On peut guérir de certaines de ces maladies mais nous mettons l’accent sur la prévention qui est facile à pratiquer par rapport au traitement difficile d’accès par le grand public. Donc une fois de plus « prévenir vaut mieux que guérir ».

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