Profil Madame Denise Ngatchou - Vers la professionnalisation du travail domestique

Vers la professionnalisation du travail domestique

Pour Denise Ngatchou, promotrice D’Horizons Femmes et militante des droits de l’homme depuis 14 ans,

« le travail domestique est une catégorie socio professionnelle qui, comme tous les autres, regorge du bon et du moins bon. Mais, il convient de dire que chaque société n’a que les travailleurs domestiques qu’elle mérite. Si la société camerounaise décide d’en faire un métier noble et valorisant, alors il se mettra progressivement en place, un processus de structuration qui aboutira à l’émergence des travailleurs domestiques professionnels, bien formés, bien rémunérés, aimant leur travail et leurs employeurs. 

Lpf : Vous avez initié le projet de revalorisation socio-économique des travailleuses domestiques. Pouvez-vous nous le présenter?

Nous avons constaté que les travailleuses domestiques représentent l'une des couches les plus importantes des victimes de violences. Une brève analyse situationnelle a permis d’établir qu’en effet, ce secteur d’activités était le foyer par excellence des violations des droits, et des violences contre les femmes. Fidèle à notre démarche, nous avons développé le projet et identifié des partenaires de mise en œuvre, parmi lesquels, la Promotion de la Femme et de la Famille, le Travail et l’Emploi et la Formation professionnelle.

Le programme est exécuté depuis 2009 avec le soutien de l’Onu Femmes et d’autres partenaires. Plusieurs actions ont été entreprises entre autres, la réalisation d’une étude nationale tri-articulée, qualitative, quantitative et juridique sur le travail domestique au Cameroun. Nous avons élaboré une proposition de texte de loi, qui a été soumis au gouvernement et la Commission nationale consultative du travail (CNCT) par le biais du ministère du travail. Un Réseau national d’appui aux associations des travailleurs domestiques (RENATRAD) a été crée. Nous avons aussi administré des formations aux travailleurs domestiques sur leurs droits. Nous comptons 560 travailleuses formées à ce jour dans les 10 régions. Nous avons établi un plaidoyer en vue de la professionnalisation de ce corps de métier, ainsi que la création d’un Centre d’accueil et d’assistance juridique dédié (CEPATRAD). 

Lpf : Quels sont vos grands défis aujourd'hui?

Mon défi majeur est le défi financier. Au Cameroun, les organisations de la société civile sont dans une situation financière très inconfortable, ce qui limite sérieusement leurs capacités à produire de réels changements. Elles ne bénéficient pas de subventions ou d’aides des pouvoirs publics au même titre que la presse, alors qu’elle remplit une mission de service public.  L’Etat devrait identifier les organisations dont les actions sont porteuses et qui justifient d’un certain niveau de structuration et leur octroyer des subventions. Le mécénat n’est pas encore rentré dans les mentalités. Je ne compte pas combien j'ai eu à utiliser mes petites économies pour financer les activités de l'association, au début et même actuellement.  Les opérateurs et entreprises du secteur privé ne perçoivent pas, pour la plupart, la nécessité de financer la société civile. En outre, les membres sont parfois très pressés de voir des résultats et beaucoup ne comprennent pas toujours l'esprit communautaire.

 

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Le Pas Féminin Magazine

Magazine de valorisation de l'action de la Femme

Plus dans cette catégorie : « Madeleine Memb

Magazine de Valorisation de l'action de la Femme.

Venez découvrir l'Action de la Femme camerounaise depuis l'indépendance...

Articles populaires

Dernières Informations

Facebook