Madame Thérèse Akamba L’as de l’archivage

 

Thérèse Akamba est chef de service de la documentation et des archives de la Cnps. Elle participe avec maestria à rendre efficiente la gestion du système archivistique et documentaire de cette structure qui a le statut de la mieux archivée du pays.

 

Lpf : En quoi consiste votre travail?

De manière générale, le travail d’archivage consiste à collecter les documents, soit parce qu’ils ont atteint les délais de conservation dans les bureaux, soit parce que les bureaux n’ont pas suffisamment d’espace pour conserver toute la documentation produite pendant la période réglementaire. Il s’agit d’identifier ceux qui doivent encore être conservés, les classer conformément au cadre de classement des documents de la Cnps, les mettre dans un conditionnement approprié et les ranger en rayons. Nous proposons les documents qui n’on plus aucune valeur à l’élimination et suivons le processus jusqu’à son terme. Nous apportons l’assistance du service aux structures pour confectionner les bordereaux de transfert ou d’éliminables de leurs documents le cas échéant, élaborons et suivons la mise en application des textes qui régissent l’archivage à la Cnps, aussi bien dans les services centraux qu’extérieurs. Nous gérons également l’administration du service.

Lpf : On parle là d'un domaine très peu couru par les chercheurs d'emploi. Qu’est-ce qui a motivé votre choix professionnel?

J’ai choisi ce domaine pour des raisons très personnelles. Lorsque j’allais présenter le concours d’entrée à l’Ecole supérieure des sciences et des techniques de l’information de Cameroun (ESSTIC), j’ai lu un document sur les métiers de l’information et de la communication et j’ai eu un coup de cœur pour la gestion des documents. Je l’ai compris comme un métier de tous les savoirs, ce qui n’est pas totalement faux. Les archives sont la mémoire de l’histoire d’une structure.

Lpf : On constate parfois que notre administration souffre d'un problème
d'archivage sérieux. Que peuvent en être les causes?

Les causes sont plus ou moins profondes, selon la période et le secteur dans lequel on travaille. Juste après les indépendances, l’organisation administrative et celle des documents qui en découlent était plus ou moins bien organisée, lorsque la direction des Archives dépendait de la Présidence de la République. Puis après les années 1980, avec la crise, les coupes budgétaires et tout ce qu’on a connu comme mutations dans la vie de l’administration, la fonction a de plus en plus été délaissée, si bien qu’aujourd’hui, on assiste à une véritable catastrophe dans certaines administrations. Un seul archiviste ne suffit pas pour une administration. C’est une question de volonté politique nationale.

Lpf : Vous avez été primé pour votre dévouement au travail. Comment avez vous accueilli cette récompense?

Ce fut une surprise, bien agréable. Après la surprise, je me dis que c’est l’effort combiné de tous ceux qui travaillent avec moi qui a été ainsi récompensé, et je suis fière que notre travail soit ainsi reconnu et apprécié. C’est une bonne chose que de constater que l’on s’intéresse de plus en plus aux documentalistes, archivistes. Je conseille aux jeunes de ne pas négliger ce métier comme leurs ainés. C’est une branche qui vaut la peine d’être choisie.

 

Dernière modification le vendredi, 10 juillet 2015 22:18
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